Explorer le respect et la douceur…

Merci infiniment au site aimer-la-vie.com pour cet excellent article…et aux animaux de venir encore en aide aux humains…!

EXPLORER LE RESPECT…

Deux éléphants se tenant par la trompe

… ET LA DOUCEUR

  • 14 Novembre 2014
  • Sylvie Roche

Lorsque j’ai aperçu Marshall Rosenberg pour la première fois, je me suis demandée ce que cet homme au physique sévère allait pouvoir m’apprendre à propos de la communication… “non-violente”. A vrai dire, il m’impressionait.
Et puis il a commencé à parler… et j’ai découvert un être extrêmement intelligent et sensible. J’ai aussi réalisé à quel point ma façon de communiquer était loin d’être douce et respectueuse. Ce ne fut pas agréable de faire ce constat… mais passé le cap difficile de cette prise de conscience, j’ai pu ouvrir les portes de mon esprit pour progresser.

A ce jour, de toutes les méthodes pour améliorer les relations inter-personnelles, la CNV (communication non-violente, inventée par Marshall Rosenberg) occupe à mes yeux le haut du panier. Parce qu’outre ses effets bénéfiques directs sur les relations, elle permet à chacun de mieux se connaître, de mieux connaître les autres et elle ne peut donner lieu à aucune dérive commerciale ou manipulation quelconque. Parce qu’elle vient du coeur et nous connecte à la vie.

Selon son concepteur, une forme de communication nous coupe de la vie : c’est celle qui utilise abondamment les critiques, les jugements, les projections, les exigences et dans laquelle les interlocuteurs nient leurs responsabilités en attribuant les causes de ce qui leur arrive aux autres. Marshall Rosenberg la nomme “le langage Chacal”. Il s’agit le plus souvent de jouer à “qui a raison” dans ce type de communication… un jeu où tout le monde perd, à terme.

La CNV, au contraire, utilise “le langage Girafe” -les girafes sont connues pour avoir un coeur énorme et puissant afin d’envoyer le sang jusqu’à leur tête si haut perchée-. Le principe est de communiquer avec bienveillance, sans juger ou évaluer. La dimension empathique envers soi-même et les autres est fondamentale pour la CNV. Pour ce faire, notre attention doit être focalisée sur -je cite- “4 points :

1. Ce qui se passe en moi
– ce que j’observe (imagine, me rappelle) qui contribue (ou non) à mon bien-être
– ce que je ressens en relation avec ce que j’observe
– l’énergie vitale (besoins, aspirations, souhaits, valeurs) qui génèrent mes sentiments

2. Ce que je demande pour me rendre la vie plus belle

3. Ce qui se passe en l’autre :
– ce que l’autre observe (imagine, se rappelle) qui contribue (ou non) à son bien-être
– ce que l’autre ressent en relation avec ce qu’il observe
– la force vitale (besoins, aspirations, souhaits, valeurs) qui génère les sentiments de l’autre

4. Ce que l’autre demande pour se rendre la vie plus belle”

(Extrait de « La Communication Non-Violente au Quotidien » de Marshall Rosenberg)

Cela paraît simple à première vue. Mais à première vue seulement. Parce que nous sommes si habitués à utiliser “le langage chacal” que les automatismes reviennent vite si on n’y prend pas garde.

Prenons un exemple : La CNV recommande de séparer nos observations de nos évaluations.
Quand je dis à mon fils “Tu ne fais jamais le ménage dans ta chambre”, je fais un raccourci et je le critique. Je mêle mes observations et mes évaluations. La conséquence est immédiate : au lieu de m’écouter, il part en râlant et en claquant la porte. Et ma phrase ne lui donne aucune envie de faire le ménage.
Pourquoi ? Parce que je m’exprime mal :
– “jamais” est abusif : il range sa chambre régulièrement
– quand il le fait, il le fait bien
– ses critères pour décider qu’il doit ranger sont différents des miens
– je dis cette phrase parce que je suis énervée de voir la maison en désordre et de me sentir obligée de faire le ménage alors que j’ai des tas d’autres choses intéressantes à faire
– l’état de la chambre de mon fils est pire que celui de toutes les autres pièces ce qui focalise mon attention sur cette pièce uniquement.

En résumé, je pourrais dire simplement : “la maison est en pagaille et ça me culpabilise parce que ma croyance est que je suis responsable de l’état de propreté dans lequel on vit. Je suis donc prise entre une envie et une contrainte. D’une part, je ressens l’obligation de ranger et de l’autre, j’ai envie de faire des choses plus intéressantes mais la petite voix qui me culpabilise me pourrit les activités dans lesquelles je pourrais prendre plaisir en me rappelant l’état de la maison.”
Au lieu d’exprimer ce qui se passe vraiment en moi, je me révolte contre la petite voix et j’évacue ma colère contre le premier qui passe. C’est injuste. Ce faisant, je mets de la tension dans notre relation, je culpabilise mon fils à mon tour et je n’obtiens rien de ce que je veux.
Ce qui est fort dommage parce que si j’exprime clairement ce que je ressens, ceux qui m’entourent vont forcément générer des idées et nous allons trouver une solution ensemble. Parce que les autres sont le plus souvent prêts à écouter et à aider quand ils ne se sentent pas agressés.

Mais il n’est pas toujours aisés de communiquer ainsi. Nous sommes pris par le temps. Nous avons l’esprit rempli de situations stéréotypées. Nous avons des difficultés à savoir clairement ce que nous ressentons et à l’exprimer au milieu du brouhaha de la vie. Et nous avons surtout énormément de mal à demander, de manière générale. Sans compter le peu d’entraînement que nous avons pour écouter les autres.

La CNV est une voie royale pour descendre en soi et apprendre à se connaître afin de contacter cette bienveillance naturelle qui dort en nous.
C’est ainsi que nous pouvons nous mettre véritablement à l’écoute des autres et communiquer sans violence aucune. C’est également ainsi que nous pouvons communiquer de manière “vraie”, en sortant des schémas de pensées tous faits et étant de plus en plus dans la réalité et le moment présent.
Cela demande de l’entraînement mais ça vaut le coup. Je vous en reparlerai très bientôt et je vous donnerai des outils pour progresser. Outre les vidéos de Marshall Rosenberg que vous trouverez sur cette page, voici quelques livres à déguster en attendant :

Les Mots sont des Fenêtres (ou bien ce sont des Murs)” de Marshall Rosenberg
La Communication Non-Violente au Quotidien” de Marshall Rosenberg
Les ressources insoupçonnées de la colère” de Marshall Rosenberg

Gratitude et Sérénité,

Patrick

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