Stop à la procrastination !

Par Géraldine Nodot

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« Ne fais pas aujourd’hui ce que tu peux faire demain »… Telle est la devise des procrastinateurs ! Ces personnes repoussent systématiquement les échéances, qu’il s’agisse de travail, démarches administratives ou même ménage. Jugés à tort comme paresseux et légers, les retardataires chroniques souffrent en réalité d’un manque d’estime d’eux-mêmes, qui les pousse à adopter un comportement dont ils sont les premiers à souffrir.

Étudiants se lançant dans la préparation de leurs examens à quelques jours des épreuves ou contribuables envoyant leur déclaration d’impôts juste avant minuit, les procrastinateurs attendent toujours la dernière minute pour agir. Et cela même s’ils ont déjà fait plusieurs fois les frais de cette attitude dans leur vie amoureuse, professionnelle ou amicale. Peur de l’échec ou de la réussite, peur de la solitude ou de l’intimité, les différentes facettes de la procrastination offrent toutes le même visage : celui de l’appréhension.

Bien souvent, les procrastinateurs n’admettent pas la possibilité d’être des gens ordinaires. Le fait d’expliquer de piètres résultats par le manque de temps leur permet de continuer à croire qu’ils sont des êtres exceptionnels. Ah, s’il avait le temps… de quoi ne serait pas capable le procrastinateur ! En n’agissant pas, il peut continuer à rêver, tout en n’ayant pas à affronter une réalité pas toujours idéale. Pour ces sujets, mieux vaut être critiqué pour sa paresse ou son manque d’organisation que pour un manque de compétence. Ils croient que leur valeur personnelle est liée à leur rendement. Mais ils peuvent aussi avoir peur des inconvénients du succès, de faire mieux que leurs parents. Résultat : ils végètent. La seule action que les procrastinateurs apprécient, c’est celle accomplie dans l’urgence.

Rois des situations désespérées, dopés à l’adrénaline, ils surmontent les problèmes les plus insolubles avec une énergie digne de Jack Bauer, le héros de la série célèbre pour son compte à rebours, « 24 heures chrono ».

Le jeu des cinq familles

Pourquoi les procrastinateurs ont-ils si peur de se découvrir vulnérables et imparfaits comme tout un chacun ? Le cadre familial est, en général, le lieu de formation du retardataire. On compte cinq principaux modèles pouvant entraîner la manie de temporiser, tout en sachant que les familles sont bien souvent un mélange de ces différentes caractéristiques :

> Il y a les familles tyranniques, qui placent la barre très haut et réprimandent les enfants s’ils ne sont pas les premiers. L’enfant a alors peur de décevoir, peur d’échouer. Sûr qu’en n’agissant pas, il ne risque rien !

> Dans les familles sceptiques, on n’accorde aucune confiance à l’enfant. Il est rabaissé ouvertement. À force d’entendre des réflexions négatives à longueur de journées, il doute de lui et renvoie aux calendes grecques tout ce qui peut ressembler à un test.

> Au sein des familles dominatrices, on décide de tout à la place du fils ou de la fille : comment il faut parler, comment il faut s’habiller, etc. Les parents dominateurs voient d’un très mauvais œil toute velléité d’indépendance. La procrastination sert alors de résistance passive à l’enfant. En n’agissant pas, il «joue » contre l’emprise de ses parents. Devenu grand, la procrastination lui donnera l’impression de faire les choses comme il le veut (c’est-à-dire en retard). Il tient avant tout à contrarier les autres, même si c’est à son propre détriment.

> Les parents possessifs font en sorte que leur progéniture reste dépendante. Ils pensent que les enfants doivent être pris en charge même lorsqu’ils sont adultes. Ces jeunes n’apprennent pas à compter sur eux-mêmes. À être trop « aidés », ils finissent par se croire incapables et il leur est impossible de s’affirmer. Là encore, la procrastination peut être un mécanisme défensif.

> Quant à la famille distante, elle exprime son manque d’intérêt pour l’enfant en n’étant jamais disponible. Les enfants se demandent alors pourquoi on ne leur prête pas attention. Se sentant désarmés, ils peuvent alors sombrer dans la procrastination. La manie de temporiser ne dépendant donc pas de la paresse ou des capacités d’organisation.

Comment faire pour s’en débarrasser ?

Selon le psychiatre Franck Lamagnère, la procrastination n’est pas un trouble facile à traiter. Il faut convaincre la personne, en soulignant les avantages d’un changement de comportement, explique-t-il. Une des solutions est de faire les exercices par binôme ou par groupe, ce qui aide les patients à se motiver. Parfois, je les fais travailler devant moi. Ils font leur courrier pendant la séance ! Autre solution : le double lien thérapeutique. Le patient doit s’engager formellement par écrit à respecter ses engagements…

Une méthode certes directive mais qui peut s’avérer efficace.

Comment ne plus remettre au lendemain

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Si vous êtes un procrastinateur qui préfère se « corriger » seul, il faut apprendre à analyser votre comportement. Rappelez-vous vos dernières procrastinations.

Que s’est-il passé ? Qu’avez-vous fait exactement ? Qu’avez-vous ressenti ? Repérez les activités auxquelles vous avez recours pour ne pas vous atteler à la tâche : téléphoner à des amis, lire des romans policiers, dormir… N’oubliez pas que même si vos prétextes sont fondés, ils restent des échappatoires. N’hésitez pas à noter vos réflexions sur papier, cela vous aidera à y voir plus clair. Inutile cependant de mettre les bouchées doubles. Pour une fois, vous pouvez prendre votre temps.

Votre comportement ne va pas changer du jour au lendemain, il faut donc vous lancer progressivement. Fixez-vous des buts raisonnables et précis. Pas de grande formule ambiguë ! Ainsi, au lieu de vous dire : « Je dois me prendre en main », dites-vous plutôt : « Aujourd’hui, je fais le tri de mes dossiers ». Récompensez-vous lorsque vous avez atteint vos buts. Enfin, vous pouvez faire vôtre la devise de Guillaume d’Orange : point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer…

Paix et Sérénité,

P.C

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